Le barreau est le principal débouché des juristes
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Le barreau est le principal débouché des juristes : plus de la moitié d'entre eux* commencent leur carrière dans un cabinet d'avocats

La mobilité professionnelle des juristes est assez faible, mais en augmentation récente

 

Bruxelles, 21 octobre 2019 - Une récente étude menée par YouConnect et la Vlerick Business School vient contredire l'hypothèse selon laquelle les diplômés Master en droit, grâce à leur formation généraliste, ont accès à la panoplie de professions la plus variée. En réalité, les jeunes juristes optent massivement pour le barreau, ou à défaut pour d'autres professions juridiques, mais très peu pour un métier sans lien direct avec leur formation. Outre le choix dominant pour une carrière juridique, les juristes demeurent singulièrement fidèles à leur employeur et montrent peu de mobilité sur le marché du travail. Pour attirer des talents juridiques, mieux vaut agir dans les 10 premières années de la carrière des diplômés en droit.

La société actuelle se caractérise par une réglementation toujours plus importante et plus complexe. La demande en conseils juridiques est en augmentation constante, et avec elle le nombre de juristes. Pourtant, ce marché est en pénurie. Dans ce contexte, YouConnect (société spécialisée dans le recrutement et la sélection de profils juridiques et RH) a examiné la carrière des juristes, en collaboration avec la Vlerick Business School. Un diplôme en droit débouche dans un nombre limité de cas sur une profession non juridique: 9 sur 10 ayant terminé leurs études de droit au cours des 30 dernières années ont en effet débuté leur carrière dans la sphère juridique. 3 sur 4 y ont poursuivi toute leur carrière.

Chez les jeunes diplômés, c'est clairement le barreau qui a la cote, car plus de 1 juriste sur 2 y a décroché son premier emploi. Celui ou celle qui commence sa carrière ailleurs le fait le plus souvent dans l'enseignement et la fonction publique (13 %), ou le secteur financier (8 %). On constate que la plus jeune génération de juristes entame plus fréquemment sa carrière dans la fonction publique: 15 % des juristes privilégient aujourd’hui ce secteur , contre 10 % voici 20 ans. La tendance est inverse dans le secteur bancaire et d'assurances : celui qui avant la crise financière était encore le plus important employeur (12 %), hormis le barreau , ne représente plus que 6 % à peine.

 

Le barreau, tremplin pour la carrière

Deux tiers des jeunes diplômés qui débutent au barreau le font dans des cabinets non classés au « Legal 500 ». Ce qui signifie que 1 juriste sur 3 seulement amorce sa carrière dans un cabinet classé au « Legal 500 ». Ce type de cabinet attire souvent des profils qui ont effectué un stage d'été, ont une expérience Erasmus à l'étranger ou un Master après Master en poche. En revanche, l'université de délivrance du diplôme influe peu sur les chances de décrocher un emploi auprès de cabinets d’avocats (classés au Legal 500).

Une autre tendance récente importante aubarreau est la féminisation de la profession. 60 % des avocats ayant moins de 10 ans d'expérience sont des femmes ; dans le groupe ayant plus de 10 ans d'expérience, 1 avocat sur 3 est une femme ; et dans celui comptant plus de 25 années de carrière, les femmes ne représentent plus que le quart des troupes.

Pour beaucoup, le barreau est un bon début, mais tous les juristes n'y passent pas l'intégralité de leur carrière. Dans les 10 ans après y avoir commencé, 1 juriste sur 3 choisit une autre orientation professionnelle. 10 ans après la fin de leurs études, 15 % des juristes travaillent dans le secteur public et 51 % dans le secteur privé. Le barreau est un bon tremplin pour un emploi dans une entreprise, car environ 60 % des directeurs juridiques y ont débuté leur carrière. En moyenne, les juristes deviennent directeurs juridiques après 11 ans, chez leur troisième employeur.

"Ce début de carrière pour de nombreux juristes au barreau s'explique par le fait que les cabinets proposent souvent des places de stages et davantage d'opportunités d'emploi aux profils peu expérimentés. C'est très différent en entreprise, où plusieurs années d'expérience professionnelle sont souvent exigées. Cette étude montre également que la carrière des juristes ne commence pas une fois le diplôme en poche, mais sur les bancs de l'université. En particulier pour quiconque vise une fonction dans un cabinet d'avocats bien coté. De beaux résultats aux études, des stages d'été, un Master après Master et des expériences à l'étranger améliorent les chances de décrocher un poste dans des cabinets classés au Legal 500. Les récentes générations de diplômés en droit en sont clairement conscientes, car elles effectuent souvent plusieurs stages et se rendent plus fréquemment à l'étranger en Erasmus qu'autrefois", explique Ilse Tack, fondatrice de YouConnect.

 

Une mobilité professionnelle étonnamment faible

Enfin, l'étude montre que la carrière des juristes belges est très stable. Un quart d'entre eux exerce toujours auprès du même employeur après 25 années de travail. 70 % des juristes ayant au moins 20 ans de carrière n'ont connu que 3 employeurs différents. Par rapport à d'autres professions, celle de juriste connaît donc une très faible mobilité sur le marché de l'emploi.

Concrètement, les juristes sont le plus avides de changement en début de carrière : la moitié d'entre eux a changé d’employeur au cours des 5 premières années. Cette tendance s'accentue auprès de la jeune génération, qui change en moyenne d'employeur après 3 ans déjà, soit près de trois fois plus vite que leurs collègues ayant au moins 2 décennies d'expérience - jadis, ils ne quittaient leur premier employeur qu'après 8 ans en moyenne.

"Pour les employeurs, il est important d'attirer les talents dans les 10 premières années après la fin des études, car ensuite, les juristes sont beaucoup moins enclins à changer d'emploi. Dans ce contexte, la mobilité professionnelle croissante observée parmi les jeunes juristes est un phénomène intéressant, mais aussi un challenge important. Car face à la pénurie actuelle, il faut non seulement trouver ses collaborateurs, mais surtout les fidéliser. Que la jeune génération de juristes change davantage d'employeur tient aussi au nombre d'opportunités professionnelles qui se présentent à eux au cours des premières années, ce qui semble nettement moins être le cas pour des profils plus expérimentés", commente Ilse Tack.

 

Le document  "Legal Labor Market Survey" est disponible ici.

 

Pour plus d'informations, veuillez contacter :
Ilse Tack
ilse.tack@youconnect.be
+32 477 51 52 09

 

* C'est ce qui ressort d'une étude menée pour le compte de YouConnect exécutée en collaboration avec la Vlerick Business School sous la direction du prof. Fred Lemke. Il s'agit d'une étude de marché quantitative analysant les profils LinkedIn d'un échantillon de 900 juristes ayant obtenu un Master en droit au cours des 30 dernières années auprès d'une université belge. Pour permettre une comparaison sur 3 décennies, l'échantillon a pris en compte 30 juristes par année d'ancienneté (soit 900 juristes en tout) et 46 directeurs juridiques d'entreprises comptant une équipe d'au moins 5 juristes. Les échantillons sont représentatifs en fonction du régime linguistique, de l'âge et du sexe des personnes. Pour commenter les résultats de l'analyse quantitative, 21 entretiens structurés ont également été suivis, entre autres avec des avocats, juristes d'entreprise, cadres dans des emplois non juridiques et étudiants.

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